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Suite à divers contacts et entretiens
menés par Ecologie bleue avec Patrice HERNU, président, Teddy
Follenfant, Délégué Médias, Michel Breuzard et Simon Ferniot,
délégués.
Préalables
Le
moratoire sur le tournesol n’a pas donné les résultats escomptés.
-
Du coup, alors qu’aucune étude scientifique n'a pu
réellement mettre à profit les 4 années de suspension d'utilisation
du gaucho dans toute la France pour valider l’hypothèse de sa
responsabilité, le problème se porte maintenant sur le maïs.
-
Si les scientifiques s’accordent à reconnaître que l’imidaclopride
pourrait en théorie causer des intoxications ou des modifications du
comportement pouvant contribuer par conséquent à altérer les
conditions d’une reproduction équilibrée lors d’une utilisation
intensive à découvert, aucune preuve n’a été apportée dans le cadre de
son utilisation effective.
-
Les semences sont en effet pré enrobées avec la
substance avant sa mise en culture, ce qui représente un équivalent
de surface traitée de 60 m2 sur 10 000 m2.
-
Les traitements alternatifs (traitements des semis avec
des micro granulés comportant d’autres substances) concerneraient
toute le surface de la raie des semis (les anciens traitements en
« plein » n’étant plus envisageables évidemment).
Constat
de dissensus
Le moratoire sur le tournesol n’ayant pas eu d’effet
sur les effectifs des colonies, le problème du maïs se trouve donc
désormais posé.
Sur la
nécessité d’appliquer le principe de précaution étendu au maïs, pour
ce qui concerne les autres effets possibles, indirects et multivariés,
il n’y a manifestement pas de consensus.
Effets indirects : la métabolisation pourrait donner lieu à
des produits de dégradation beaucoup plus toxiques que ne le sont les
molécules parentales. Cet effet pourrait jouer s’il y avait à la fois
rémanence dans les terrains et concentration des principes dans
certaines parties de la partie. Selon Bayer, les études réalisées ont
porté également sur les métabolites de l' imidacloprid et sur la
présence des différents produits dans le sol comme dans les parties de
la plante. Il n’y aurait donc pas d’effets indirects possibles
justifiant l’invocation du principe de précaution. Or, leurs
contradicteurs contestent que ces études aient été menées ou que leurs
résultats leur aient été communiqués.
--> Premier point à éclaircir.
- Effets
multivariés : une substance peut modifier à la marge les
conditions d’équilibre de l’écosystème plante-abeille et intervenir
significativement en combinaison avec d’autres facteurs plus décisifs.
C'est clairement le sens des études multifactorielles que tente de
mettre en place la DGAL : autres produits phytosanitaires, produits
vétérinaires pour combattre les maladies, maladies elles-mêmes, …
Cette fois, ce sont les apiculteurs qui refusent de communiquer les
informations utiles aux enquêtes correspondantes.
-->
Second point à éclaircir
Compte tenu du fait que les abeilles ne butinent le
maïs que par exception (temps de disette), ces points ont été
insuffisamment étudiés.
Or, ils peuvent parfaitement faire l’objet
d’investigations scientifiques d'enquête, de registres et de plan
d’expérience : on peut regretter que le moratoire sur tournesol n’en
ait pas été l’occasion pour le maïs à titre de précaution. (examens
dommageablement séparés par le Conseil d’Etat)
Rétention
d’information
Pour la Confédération Paysanne et certains mouvements
extrémistes au contraire proches des milieux écolos fondamentalistes,
c’est l’occasion de se rejoindre dans un combat contre les grandes
sociétés, multinationales pour les uns, étrangères pour les autres (ce
qui explique que la montée anti gaucho se répand essentiellement à
travers les pays de la communauté francophone).
Cette influence souterraine a clairement conduit les
apiculteurs, très divisés entre trois syndicats et les sections
apicoles des syndicats agricoles, a se rejoindre sur un mot d’ordre
commode et à tenir grosso la position suivante :
« On
n’acceptera les enquêtes sur le terrain qui si le retrait préalable du
gaucho (et du régent) est acté. »
Or, pour mettre en évidence des causes multivariées, il
faut nécessairement recourir à des enquêtes multifactorielles beaucoup
plus lourdes et quasiment exhaustives à la manière des grands
registres de morbidité humaine.
Les recherches sur les effets combinés des sous
produits de dégradation n’ont pas, elles non plus, été menées de
manière suffisamment approfondies ou leurs résultats ne font en tout
état de cause pas l’objet d’un consensus.
Propositions
-
Il paraît utile de négocier entre producteurs,
politiques et apiculteurs les conditions du dialogue, de l’expertise,
de la restitution et de la préparation des décisions sur des bases de
transparence publique car c’est l’absence d’informations partagées, la
rétention réciproque et l’absence de grille de lecture commune qui
permet le détournement du débat et l’exacerbation des oppositions.
-
Le dépassement de ces positions pourrait être le
préalable à :
·
un séminaire de restitution et de bilan de l’ensemble
et des enquêtes et études (cf. l’initiative prise par l’Université
Edouard Island au Canada relayée par le Congrès de Bologne, semblant
innocenter le gaucho de la responsabilité principale) ;
·
une définition commune des études et enquêtes
nécessaires (enquêtes de type plan d’expérience sur trois zones, zone
de l’AOC Vosgien où les apiculteurs disent « ici, nous avons des
problèmes , mais cela ne peut pas être le gaucho, car il n'est pas
utilisé », zone de grandes cultures avec utilisation de traitements de
semence, zone de grandes cultures sans aucun traitement de semence ;
·
la mise à plat ex ante des conditions communes d’une
expertise sinon indépendante du moins mutuellement acceptée et celles
d’une grille de lecture commune.
Aller plus
loin ?
1. Un moratoire sur le maïs, s’il était envisagé, ne
pourrait l' être que sur des
zones géographiques
limitées, crédibles scientifiquement et réalisables du point de vue
économique :
·
d’une part, un moratoire total peut avoir de graves
inconvénients (20% de la production se passe de traitements
insecticides, une partie pourrait peut-être s’en passer, pour
d’autres, par exemple les producteurs de semences, c’est devenu
impossible) ;
·
d’autre part, il est nécessaire que cela entre dans le
programme d’expérimentation croisée des zones avec gaucho et hors
gaucho et que les conditions de restitution de l’expérience soit ex
ante acceptée par les représentants de l’apiculture.
2. Si des zones étaient sanctuarisées, elles devraient
nécessairement correspondre à des
configurations utiles
permettant une comparaison pertinente, permettre de prendre des
mesures de rétablissement des conditions concurrentielles et, si
possible, ne pas toucher les zones où se concentrent les producteurs
qui ne peuvent pas se passer du gaucho (ne pas mettre la France en
situation de devoir, en plus, importer les semences ce qui accroîtra
l’effet de diffusion de la contamination OGM déjà très présente). Des
zones d’une taille raisonnable, sans doute infra départementale,
peuvent répondre à ces critères.
3. Enfin, les études doivent aussi couvrir
les autres facteurs possibles
déjà identifiés comme le fléau « Varroa jacobsoni », acarien contre
lequel on ne sait pas lutter et qui modifie sans conteste le
comportement de la reproduction de même que l’importation de reines,
ce qui, outre le virus du Cachemire venu de Nouvelle Zélande premier
pays d’importation, peut aussi modifier le rapport écosystème-capital
génétique, le niveau immunitaire du fait de l’inadaptation du couple
précédent et donc aussi affaiblir dans certaines situations le cycle
reproductif.
4. Face à l’injonction et aux menaces de grève de
l’enquête et de la participation à l’élaboration de la grille de
lecture commune tant que le gaucho est utilisé, il faut réunir les
conditions de la
participation de tous
les acteurs
à l’établissement d’une grille de lecture commune, ceci dès le départ,
conditions préalables et méthodologiques comprises.
Ecologie bleue
Pour nous, cela participe de l’effort que l’Etat doit
faire pour doter progressivement le pays des lieux de définition d’une
politique de développement durable, c’est à dire d’expertise et de
résolution des problèmes critiques.
Ecologie bleue a proposé que l’un des nôtres forme une
proposition construite sur ce plan (Michel Breuzard, qui connaît bien
l’apiculture vosgienne, pourrait assurer cette mission
éventuellement).
UMP-EB – 17/01/2003
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